L'ancienne capitale des Fatimides vit aujourd'hui au rythme de la pêche.
Comment oublier ce passé singulier lorsqu'on visite l'ancienne ville ? On tourne le dos au port de pêche, le deuxième du pays, pour se trouver face à l'imposante Skifa Kahla, la " porte noire " de l'ancienne citadelle . On en franchit le long vestibule, oppressé par l'étroite voûte de pierre, et quelques enjambées plus loin, la place du Caire étale sa nonchalance toute méditerranéenne sous un toit de verdure. On contourne la masse
austère de la grande Mosquée, reconstituée sur le plan de l'édifice fatimide, et l'on aperçoit, glissant au pied des rochers sur une mer de saphir, de simples barques de pêcheurs qui évoquent aussi bien Malte. Et à la pointe extrême, entre la forteresse turque et la porte des conquêtes, orgueilleuse ruine dressée dans l'eau, s'étend l'émouvant cimetière marin, des femmes y reposent, ensevelies selon la tradition dans l'habit de soie, or et argent de leur mariage.